Faire l'amour toujours

La vie devant soi : aimer jusqu’au bout de son âge

Marie hélène Colson

Le vieillissement de la population générale est un fait nouveau dans l’histoire de l’humanité. Nous vieillissons, nos corps vieillissent, mais nos cœurs, nos désirs et nos attentes restent les mêmes : aimer jusqu’au bout de notre âge pour nous sentir toujours vivants, et jusqu’au dernier de nos jours.

La baisse de la natalité et le recul de la mortalité nous installent progressivement dans un paysage démographique profondément remanié où, en France, par exemple, 20 millions d’hommes et de femmes sont aujourd’hui âgés de plus de 50 ans, soit un français sur cinq (INSEE, 2005 [1]). Toujours en France, il naît aujourd’hui un bébé toutes les 41 secondes, alors que l’on y compte un senior de plus toutes les 37 secondes (INSEE, 2002 [2]).

En occident, Les plus âgés sont de plus en plus nombreux, et le sont de plus en plus longtemps. Les hommes et les femmes de plus de 60 ans, ont aujourd’hui encore plus du tiers de leur vie devant eux. Comment la vivront- ils ? Avec ou sans sexualité ?

Les freins à la sexualité des plus âgés

Les freins à la sexualité des plus âgés ne manquent pas et sont nombreux à pouvoir venir l’entraver, la ralentir, la perturber, voire la rendre impossible.

Le vieillissement sexuel

Le vieillissement inscrit profondément en nous des modifications de fonctionnement qui peuvent révéler tout autant de limites progressives à notre sexualité. Avec le temps, nos horloges biologiques semblent s’accélérer et installent de manière inéluctable dans le corps qui vieillit un déficit de plus en plus profond, sensoriel et moteur. L’altération progressive des cellules neurologiques et vasculaires entraîne globalement un émoussement sensoriel plus ou moins rapide selon les individus, avec la diminution de l’ouïe, de la vision, des cinq sens et d’une diminution de la capacité de perception des signaux sexuels. Une étude récente signale une redistribution avec l’âge des stimuli permettant l’excitation. L’odorat voit son rôle décliner de moitié dans le déclenchement de l’excitation (30% pour les 35-39ans, et 15% pour les plus de 70 ans). Il en est de même pour l’ouïe (12% de 35 à 39 ans et 6% après 70 ans). En revanche, la vue reste un sens très « déclencheur » de l’excitation, sans modification avec l’âge, y compris chez les plus âgés, et dans les deux sexes (Colson, 2006 [3]).

Avec le temps, on observe généralement une diminution à la fois de la perception des stimuli sexuels et de la réponse sexuelle par les organes effecteurs, chez l’homme comme chez la femme, comme cela avait déjà été objectivé par Masters et Johnson en 1966 [4]. Le niveau du seuil d’excitation, permettant le déclenchement des réactions sexuelles, s’élève au fil du temps, et chez l’homme, la période réfractaire entre deux orgasmes s’allonge régulièrement avec l’âge. Les réactions sexuelles dans les deux sexes ne disparaissent pas, mais elles sont comme amorties, décalées dans le temps.

Chez la femme, les signes visibles de la ménopause marquent l’arrêt brutal de la fonction reproductive. Chez l’homme, rien d’aussi spectaculaire, mais la diminution des androgènes a commencé dès l’âge de 20 ans avec la baisse d’activité testiculaire et cortico-surrénalienne et va s’accentuer au fil du temps.

De récentes études ont bien démontré l’importance des troubles de la sexualité après 60 ans, ce qui semble aller dans le sens d’une limite d’âge pour la sexualité, en tous cas chez les hommes. Les troubles de l’érection augmentent nettement avec l’âge. 34% des hommes entre 60 et 69 en souffrent, pour 53% entre 70 et 79ans (Braun, 2000 [5]). Il existe encore peu de recherches chez les hommes de plus de 80 ans, mais une étude de cohorte australienne donne 81% de troubles de l’érection chez les plus de 80 ans (Pinnock, 1999 [6]).

Les autres freins à la sexualité

Maladies chroniques

D’autres repères corporels s’altèrent aux aussi progressivement et peuvent handicaper durablement la capacité d’action sexuelle. Après cinquante ans, l’incidence des maladies chroniques s’élève, et augmente régulièrement avec l’avancée en âge. L’association d’une affection chronique (Diabète, Hypertension, maladie cardiovasculaire, syndrome métabolique, ou autre) à la pathologie érectile chez l’homme a été parfaitement mise en évidence ces dernières années dans de nombreuses études de cohorte (Feldman MMAS 1994[7] et Kupelian, MMAS 2006[8], Thompson 2005 [9]).

Mobilité

La diminution, voire la perte de mobilité, apparait assez tôt, et devient prépondérante avec le grand âge, affectant gravement le périmètre d’action sexuel. Les douleurs articulaires, sont déjà fréquentes à 16 ans (6,3% dans l’étude de cohorte de l’Ontario Health Survey qui porte sur 45.650 personnes), pour affecter 51% des plus de 75 ans (Badley, 1995 [10]). Ces chiffres se retrouvent dans tous les pays occidentaux avec la même fréquence, et il a été rapporté un niveau de désir significativement plus bas chez les hommes souffrant de troubles rhumatismaux et de douleurs chroniques (Blake 1988 [11]).

Vieillissement cognitif

Le vieillissement est aussi cognitif et installe peu à peu la diminution de performances intellectuelles et le ralentissement propre à la personne âgée, ainsi que ses répercutions inévitables sur le désir sexuel.

Aspect morphologique

Extérieurement, le vieillissement se marque dans notre corps par des modifications morphologiques inéluctables. Le déclin des hormones sexuelles joue un rôle important dans la modification de la silhouette, la fonte musculaire, et son remplacement progressif par l’augmentation des masses graisseuses, plus importantes, différemment réparties (Buvat, 2006 [12]). L’apparition d’altérations cutanées et pileuses, rides, blanchiment des poils et des cheveux…sont autant de signes du temps qui passe, et qui nous installent dans un corps profondément remanié.

L’image du corps , tout autant que le corps lui même, est amenée à de profonds remaniements. Notre corps vieillit, se modifie, mais plus encore l’image que nous nous en faisons, et nous nous voyons comme les autres nous voient (Schilder, 1935 [13]). Pour certains auteurs « Se voir "vieux" et être "vieux" dans le regard de l’autre confronterait l’identité du sujet et provoquerait une sorte de "crise d’identité" qui nécessitera au niveau du Moi un travail de deuil » (Herfray, 1985 [14]). L’altération de l’image du corps est souvent citée comme un frein à la sexualité des plus âgés, autant par eux-mêmes que par leur entourage. Chez les femmes, en particulier, l’impact d’une image du corps négative a des répercussions directes et tout aussi négatives sur l’excitation sexuelle. (Seal, 2007 [15]). Pour Erving Goffman [16], le regard de l’autre est une donnée majeure dans le maintien de sa propre identité. La « présentation de soi », exprimée par nos comportements, notre habillement, nos propos, etc., vise à donner une certaine image de soi dont on attend qu’elle soit confirmée par autrui, et qui est essentielle à la capacité d’intimité conservée.

Le poids des représentations de la vieillesse

Mais le vieillissement physiologique n’est, paradoxalement, pas le facteur le plus décisif limitant de la sexualité des plus âgés, car il n’explique pas à lui tout seul l’extrême variabilité des états de vieillesse, ni celle de la manière dont chacun vit sa sexualité au même âge. Si l’émoussement sensoriel progressif est responsable d’une lenteur à l’excitation, il n’interdit pas véritablement ni l’érection de l’homme, ni la lubrification chez la femme, sauf dans certaines pathologies.

Les possibilités d’action sexuelle ne se perdent pas avec l’âge, mais ont plutôt tendance à se modifier en profondeur. Le devenir sexuel semble donc se jouer davantage sur le vécu individuel de chacun et des codes et habitudes culturelles en vigueur dans une société donnée, bien davantage que sur les seules modifications concrètes liées à la vieillesse.

Dans la vaste étude épidémiologique conduite par le sociologue américain Edward Laumann en 2004 pour évaluer la sexualité de 26 000 hommes et femmes de 40 à 80 ans dans 29 pays, 70% des hommes et 64% des femmes affirment que la capacité à avoir des relations sexuelles diminue avec l’âge [17]. Les mêmes personnes, interrogées sur l’âge auquel la sexualité devrait théoriquement s’arrêter, citent régulièrement la décennie qui suit directement celle de leur âge personnel. Pour nombre d’entre nous, il existe donc une limite d’âge à la sexualité humaine, qui concerne un avenir assez peu défini, mais apparaissant pourtant comme inéluctable. Cette croyance, bien plus que le vieillissement sexuel lui-même, est de nature à limiter la sexualité des plus âgés et à entraver une intimité sexuelle durablement partagée.

Notre inconscient collectif entretient encore aujourd’hui une image hollywoodienne de la sexualité, éternellement figée dans le destin de ceux qui resteront à jamais jeunes et beaux. La sexualité des personnes âgées, est déplacée, ridicule, transgressive, voire dangereuse pour la santé : « La vieillesse est condamnée à une continence indispensable à sa survie », affirme Debay, en 1857 dans sa « physiologie du mariage » [18] . Aujourd’hui encore, Robert Butler, qui a obtenu le prix Pulitzer pour son livre « Why Survive ? Being Old in America » ( Butler, 1975 [19]) , affirme dix ans plus tard, que les personnes âgées ont tendance, à une large majorité, à penser qu’elles ne peuvent ni inspirer, ni éprouver de désir (Butler, 1994 [20]).

L’un des écueils les plus importants à dépasser pour conserver son pouvoir de séduction et sa sexualité avec l’âge est en fait l’absence de modèle adéquat pouvant correspondre aux réalités d’aujourd’hui [21]. Dans nos représentations, la séduction, comme la sexualité, restent réservée à la jeunesse. La sexualité des personnes âgées, limitée dans son expression par le vieillissement cognitif et physiologique, a longtemps été stigmatisée par nos sociétés occidentales et natalistes. Toujours très marqués par ce type de représentations, nous avons encore du mal à nous en libérer et à vivre notre sexualité au rythme de nos désirs et de nos possibilités concrètes, souvent intactes ou renouvelées. Comme dans beaucoup de domaines aujourd’hui, le réel est en train de dépasser nos représentations et souffre de l’absence d’un support théorique lui permettant de se renforcer véritablement.

La réalité des plus âgés aujourd’hui

Un grand nombre d’hommes et de femmes de plus de soixante ans renouvellent aujourd’hui pour nous l’image de la vieillesse et du vieillissement. De nouveaux besoins, de nouvelles attentes viennent se substituer aux précédentes, moins permissives et moins adaptées à la longévité actuelle.

Les plus âgés bénéficient, en Occident, d’une retraite confortable, d’un pouvoir d’achat qui les fait devancer une bonne part de leurs cadets, en particulier en ce qui concerne les dépenses concernant les voyages, la culture, l’hygiène et les soins de beauté, et qui les met à égalité pour les dépenses d’habillement et d’alimentation. 52 % des achats de voitures neuves et 48 % des vols en première classe sont effectués par des plus de 55 ans (observatoire Caisse d’épargne, 2005). En règle générale, le niveau de vie moyen des plus de 60 ans était, en France, en 2003, pratiquement identique à supérieur à celui de la tranche d’âge 30-49 ans (sources INSEE 2004, Legendre [22]).

Après 60 ans, la solitude ne fait plus peur et l’on divorce souvent. D’après les statistiques canadiennes, le nombre de divorces chez les plus de 60 ans a pratiquement doublé entre 1991 et 2001 (Statistic Canada, 1991, 96 et 2001). En France, le taux de divorce après 30 ans de mariage est passé de 0,9 en 1972 à 4,6 en 2002, et un quart des 50-64 ans d’aujourd’hui a déjà vécu une séparation. (INSEE 2004, Legendre).

Et l’on n’hésite pas, non plus à recomposer un couple, principalement pour les hommes (22% se recomposent entre 60 et 69 ans, 9% après 70 ans)(Cassan, INSEE, 2001 [23]). D’après la très puissante American Association of Retired Persons (AARP), 75% des femmes quinquagénaires et 81% des hommes du même âge se remettent en couple après une séparation. Enfin, 57% des hommes et 54% des femmes disent avoir une vie sexuelle active une fois remariés (Montenegro, 2004 [24]).

Toutes ces données semblent entériner une autre manière de vivre sa vieillesse, assez peu conforme aux usages des générations précédentes.

Une nouvelle réalité sexuelle

Des hommes et des femmes toujours actifs sexuellement

Si la sexualité des personnes âgées est toujours à la recherche d’un cadre théorique la rendant accessible au plus grand nombre, il semble bien cependant qu’elle devienne peu à peu familière du quotidien des plus de 60 ans.

Dans l’enquête de Constance Bacon et Murray Mittelman, qui ont suivi pendant 4 ans une cohorte masculine de 31.742 professionnels de santé, 70% des hommes de 59 ans affichent un désir conservé, ainsi que 60% de ceux de 59-69 ans, 42% des 70-79 ans, et 26% des plus de 80 ans(Bacon, 2003 [25]).

Dans l’enquête de 2004 de Laumann, déjà citée, (Laumann, 2004), 79% des hommes et 65% des femmes de 60 à 69 ans estiment que la sexualité reste pour eux un centre d’intérêt important. Cela est toujours le cas pour 64% des hommes et 37% des femmes de 70 à 79 ans.

La même enquête, permet de mettre en évidence une fréquence de rapports sexuels toujours importante, puisque 42% d’hommes et 23% de femmes disent avoir des relations sexuelles au moins une fois par semaine dans la tranche d’âge des 60-69 ans, et 26% d’hommes pour 24% des femmes, dans la tranche d’âge des 70-79 ans.

Les plus de 80 ans, eux aussi, conservent une sexualité active, comme en témoigne l’importante enquête de Bretschneider et Mac Coy de 1989. Dans cette étude, 63% des hommes et 30% des femmes disent continuer à avoir des relations sexuelles. 72% des hommes et 40% des femmes continuent à se masturber, et 88% des hommes et 71% des femmes ont toujours des fantasmes sexuels, et un désir sexuel intact, quelque soit leur taux hormonal(Bretschneider et Mac Coy, 1989 [26]). L’étude de Bortz et Wallace qui porte sur des sujets de plus de 94 ans nous révèle que 17% d’entre eux ont des relations sexuelles plus d’une fois par semaine et que 35% se masturbent régulièrement (Bortz, 1999 [27]).

Une sexualité améliorée après l’âge ?

Mieux encore, dans une autre étude de Laumann, qui ne porte malheureusement que sur une population d’hommes et de femmes de 18 à 60 ans, on note une nette régression des difficultés sexuelles, en particulier féminines, avec l’âge, chez les femmes qui continuent à avoir des relations sexuelles. Les troubles du plaisir ont tendance à s’améliorer et passent ainsi de 27% chez les femmes de 18 à 29 ans à 17% chez leurs aînées (50-59 ans), le manque de désir sexuel de 32% à 27% dans les mêmes tranches d’âge, et les dyspareunies de 21% à 8% (Laumann, 1999 [28]). Pour les hommes, si les troubles de l’érection augmentent avec le vieillissement, les troubles du plaisir ont tendance à diminuer et passent de 10% (18-29 ans) à 6% (50-59 ans). L’expérience clinique montre que nombre d’éjaculations précoces s’améliorent avec l’âge, et que l’orgasme est souvent plus intense chez le sujet âgé. Et pour Starr et Weiner (1981 [29]), déjà cité par Ribes (2005 [30]), les personnes âgées expriment leur sexualité de manière plus diversifiée que les plus jeunes.

Les conditions d’une vie sexuelle réussie après l’âge

Le vrai problème, en ce qui concerne la sexualité des sujets âgés, n’est pas véritablement le vieillissement en lui-même et l’installation progressive de ses marqueurs, mais plutôt la manière de les vivre et de s’y confronter. Il semble exister tout particulièrement une période charnière dans la vie de chacun qui va décider de la manière dont va se jouer à la fois la manière de vivre sa vieillesse et celle de vivre sa sexualité avec l’âge.

Crise du milieu de vie : le passage de tous les dangers

Les modèles psychodynamiques actuels d’explication du développement de l’individu de la naissance à la mort, se réfèrent principalement aux théories de Winnicott, et d’EH Erikson qui postulent que les crises de la vie sont une méthodologie de la construction de la vie psychique. Erikson [31], en particulier, nous propose un chemin de vie qui s’élabore au cours de l’existence, par périodes successives interrompues de phases de ruptures, chacune marquée par une crise. Pour lui, lors de la dernière période, la huitième et celle de la fin de vie, la tension entre l’intégrité et le désespoir ouvre sur la sagesse définie comme «une sorte d’intérêt détaché pour la vie en tant que telle, face à la mort en tant que telle.»

Il est à parier qu’il peut en être de même de l’intimité sexuelle, riche de sa vulnérabilité, de ses attachements et de ses renoncements ou de ses deuils, et qui de crises en expériences affectives, de ruptures en nouveaux investissements, nous fait évoluer successivement vers la fin de l’intimité affective et sexuelle, ou vers son enrichissement permanent.

La crise du milieu de vie joue un rôle essentiel dans les positions de chacun face au vieillissement. Définie dans les années soixante par le canadienElliott Jaques [32]), elle est ce moment, variable selon les individus, où chacun se trouve confronté à sa fragilité. Nous entretenons tous en nous un « fantasme d’éternité », un sentiment de toute puissance, alimenté par la conviction narcissique du Moi en son immortalité, et qui nous fait penser que la maladie, la mort, sont réservés aux autres. Un jour, ce fantasme d’éternité rencontre « une limite jusque là ignorée de la libido ». Pour Gérard Le Gouès [33], cette limite est la plupart du temps physiologique. Un jour, notre corps nous rappelle à l’ordre : « Au cours du vieillissement, la génitalité corporelle diminue la première, avant la génitalité psychique. Ce décalage temporel crée un écart dans le sujet vieillissant, écart qui ébranle son narcissisme jusqu’à provoquer parfois des troubles de l’identité. » . En pratique clinique, il s’agit bien souvent effectivement de l’installation d’une maladie (diabète, hypertension, coronaropathie…) d’une intervention chirurgicale (cancer, infarctus…). Mais il peut s’agir aussi d’évènements de l’ordre de la perte (chômage, retraite, veuvage, divorce, deuil, décès des parents…). En 1921, deux ans avant sa première intervention pour cancer de la langue, Freud qui a 65 ans, et qui vient de perdre brutalement sa fille Sophie, écrit à Ferenczi : « Le 13 mars de cette année, je suis entré brusquement dans la véritable vieillesse. Depuis, la pensée de la mort ne m'a pas quitté » (E. Jones, 1969 [34]).

A titre d’exemple et d’illustration, on retrouve très souvent une sommation d’évènements de vie émotionnellement impliquants et à connotation de perte, dans les mois qui précèdent l’installation d’une dysfonction érectile chez l’homme (Aharonian, 1998 [35], Vincent 2004 [36]. C’est lors de l’une ou plusieurs de ces occasions, que la réalité de son propre vieillissement s’impose au sujet qui prend enfin conscience de sa vulnérabilité.

La « crise du milieu de vie » est l’expression de la confrontation entre cette « expérience de terminaison » (G. Le Gouès, [36]et le « fantasme d’éternité », déjà bien décrit par Ferenczi [37]. Chacun y réagira en fonction de ses ressources personnelles, des modèles culturels et des représentations auxquels il a accès.

Facteurs de personnalité

Depuis les travaux de Paul Ricoeur [38], nous savons combien le temps vécu n’est pas le temps mesuré, combien le temps représenté, tel qu’on le perçoit, peut différer du temps vivant, celui bien concret, tel que nous l’éprouvons au quotidien. Nos repères de temps sont profondément influencés par nos repères affectifs. Ils se construisent et se déconstruisent au fil des expériences vécues. L’angoisse du temps qui passe va se conjuguer différemment selon les grands traits de personnalité de chacun. Maintenir intacte sa capacité d’aimer, de partager, d’avoir une relation intime avec l’autre nécessite une indispensable adaptation aux marqueurs concrets du vieillissement.

Les personnalités de type narcissique, que les modifications liées au vieillissement renvoient à une altération insupportable de l’image du corps, possèdent une moins grande capacité à une sexualité modifiée dans son expression.

Certains individus ont des traits de fonctionnement, bien étudiés par l’école Canadienne de Psychologie sous la dénomination de « perfectionniste » (Todorov, 1996 [39]) . De capacité émotionnelle et d’attachement limitée, pris par un besoin permanent de productivité et d’efficience, leur sexualité est surtout centrée sur le besoin de valorisation, de réalisation, de performance. Avec les atteintes de l’âge, ils perdent très vite tout intérêt pour une sexualité qui ne leur permet plus le dépassement d’eux-mêmes.

Pour d’autres, personnalités de type « évitantes », telles que décrites initialement par Karen Horney (1945 [40]), puis reprises par les DSM III et IV, le manque de self fait que l’on se sent vite intimidés par les difficultés de tous ordres. Le ralentissement de la fonction sexuelle est ici rapidement interprété comme une limite infranchissable qu’il sera sage de ne pas chercher à outrepasser.

Hallström note en 199O [41] l’importance des facteurs sociaux, de la santé mentale, de l’état relationnel du couple, et des traits du caractère dans le déclin ou non de la sexualité avec l’âge, et souligne que les femmes dynamiques et actives ont moins de baisse de la sexualité que les autres.

En règle générale, plus le fonctionnement personnel prédispose à une sexualité de type relationnel, investi et engageant, plus l’intimité sexuelle pourra rester forte, découvrant progressivement de nouveaux horizons à deux, plus diversifiés, plus émotionnels et moins physiques (Colson, 2007 [42])

Habitudes et aptitudes sexuelles

L’inventivité et la capacité personnelle à diversifier sa sexualité et à l’adapter aux circonstances et aux épisodes de sa vie, joue certainement un grand rôle dans le maintien de l’intimité sexuelle. Nombre d’hommes et de femmes, à faible potentiel de libido, se désengagent plutôt facilement d’une activité pour laquelle ils n’ont jamais marqué un intérêt évident, à laquelle ils (et surtout elles) ne se sont jamais vraiment éveillé(e)s. Si le fonctionnement personnel et sexuel est de type psychorigide, avec des scripts sexuels de départ pauvres et stéréotypés, empreints de tabous et de barrières, il ne peut y avoir aucun scénario de rechange disponible face aux signes du vieillissement, de la maladie, après une intervention chirurgicale, ou dans toute autre situation provoquant une modification de l’excitation et l’allongement du temps d’installation de l’érection ou de la lubrification.

Les habitudes sexuelles semblent se maintenir tout au long de la vie avec les mêmes caractères, et Martin, en étudiant en 1981 [43] l’évolution avec l’âge du comportement sexuel de 188 hommes, constate que ceux qui avaient été très actifs entre 20 et 40 ans, le restaient par la suite, et inversement. Pfeiffer avait déjà démontré en 1969 [44], que plus l'activité et l'intérêt sexuels sont forts au début du mariage, plus longtemps ils ont se prolongent.

Le couple, condition de l’intimité sexuelle

Le couple est la condition d’une intimité sexuelle durablement partagée. De nombreuses études mettent en évidence que la solitude est un facteur fréquent d’abandon de la sexualité chez les personnes âgées : 85% de ceux qui gardent des relations sexuelles régulières vivent en couple (Minichiello et Plummer, 2004 [45] ). 61% des hommes entre 61 et 92 ans vivant en couple disent avoir des relations sexuelles, contre seulement 16% de ceux qui sont célibataires ( Beutel, 2002 [46]). Le fonctionnement de ce couple semble tout aussi déterminant.

Veuvage et rupture d’intimité

Le veuvage est une autre forme de rupture d’intimité, non volontaire celui là, et qui risque souvent de mettre un terme pendant longtemps à l’activité sexuelle, surtout pour les femmes. Il est aujourd’hui un facteur bien connu de difficultés érectiles chez l’homme (Colson, 1992 [47]) .

La perte affective est durement ressentie, peut être davantage que dans les autres formes de ruptures, car définitive et imposée par la vie, et elle conduit à un travail de deuil recentrant davantage sur soi qu’à une ouverture extérieure. Winnicott parle à ce sujet de la « Solitude Fondamentale » de l’unicité de l’être. (D.W.Winnicott, 1975 [48]).

Après la période d’ d’abstinence et de retrait pendant laquelle il a accompagné et soigné l’autre vers une mort déjà annoncée, le veuf (ou la veuve) décide un jour de continuer à vivre. Refaire un couple après un veuvage, c’est recommencer, recréer une autre intimité sexuelle, avec de nouveaux investissements, de nouveaux gestes, de nouvelles émotions partagées à deux. Pour beaucoup, cela ne sera ni possible ni souhaité. L’expérience prouve que les hommes restent moins longtemps veufs que les femmes, qui seront bien moins nombreuses à refaire un couple, en particulier chez les plus âgées. Les hommes décident plus souvent de refaire leur vie, souvent par sentiment d’isolement, ou par nécessité domestique, pas toujours par sentiment amoureux (Colson, 1992 ).

Le nouveau couple sera actif sexuellement, comme nous le montre J. Stryckman, dans une enquête effectuée en 1980 [49] auprès de veuves et veufs canadiens remariés : Après 65 ans, 60% des hommes et 50% des femmes sont toujours actifs sexuellement contre 6% des veufs et 4% des veuves non remariés.

Partage d’intimité et difficultés sexuelles

Si l’absence de couple stable est un frein à la sexualité des plus âgés, les difficultés sexuelles du partenaire y font aussi souvent renoncer. Une partenaire dysfonctionnelle, ou tout simplement non sexuellement motivée, induit fréquemment des troubles de l’érection chez l’homme (Delamater, 2005 [50]), (Fugl Meyer, 2002 [51]) et peut, tout autant que l’absence de partenaire, conduire à l’arrêt de toute activité sexuelle (Rossi, 1994 [52]). Du côté des femmes aussi, la dysfonction du partenaire est souvent citée comme facteur d’arrêt de sa propre sexualité (Chevret, 2004 [53]). Mac Cabe note en 1997 que moins l’intimité dans le couple est importante, plus le risque de difficultés sexuelle augmente, en particulier chez les femmes [54].

Après la crise du milieu de vie

Psychodynamique du sujet âgé

Le déclin inéluctable

A la fin du XIX° siècle, ou au tout début du suivant, pour Freud, et surtout pour Ferenczi (Ferenczi, 1921) [55], le déficit narcissique du sujet vieillissant condamnait définitivement sa sexualité : « En vieillissant, l’homme a tendance à retirer les émanations de la libido des objets de son amour et à retourner sur son « Moi » propre l’intérêt libidinal dont il dispose probablement en moindre quantité. Sa libido régresse à des étapes prégénitales du développement».

La sublimation

Un siècle plus tard, G. Le Gouès (op. cit)considère qu’il ne s’agit là que d’un passage, d’une épreuve de réalité. Confronté au vieillissement et à son cortège de renoncements, le sujet peut aussi y gagner de la vie mentale. Il peut aussi se forger des représentations nouvelles, une image nouvelle de soi portant davantage sur l’idéal de soi. En s’acceptant et en acceptant le vieillissement, le sujet peut conserver intact son potentiel sexuel, en l’adaptant à une nouvelle réalité.

L’autocastration préventive

Il existe une troisième voie, soulignée par Georges Abraham (Abraham, 1975[56] et 2005 [57]), dans laquelle le sujet se soustrait à l’épreuve de réalité, en choisissant l’arrêt et le retrait volontaire face à une sexualité qui n’est plus à la hauteur des attentes de jadis. Une « autocastration préventive » face à une sexualité qui ne sera plus celle d’hier.

L’apport des théories sociologiques

Engagement et continuité

La sociologie, et plus particulièrement la microsociologie, illustre bien la compréhension des comportements sexuels des plus âgés, en y apportant un éclairage complémentaire.

Au milieu du XX° siècle, commencent à se développer les premières théories tendant à rendre compte du glissement en train de s’opérer chez les plus âgés : la retraite n’est plus définie comme l’antichambre de la mort, mais comme un nouvel âge de la vie. La vieillesse peut être combattue par l’engagement dans de nouveaux rôles sociaux. Cavan (1949)[58], et surtout Havighurst et Albrecht (1953[59]) jettent les bases de ce qui deviendra plus tard la théorie de la ‘vieillesse active’ (activity theory of ageing).

Les théories du désengagement prennent naissance peu après, en réaction à celles de l’engagement, jugées irréalistes. Pour Elaine Cumming et William Henry Growing, le vieillissement se marque principalement en termes de perte progressive d’un certain nombre de rôles sociaux (retraite, départ des enfants, veuvage …), et de désengagement progressif de ses investissements passés. Seuls certains individus hors du commun (capitaines d’industrie, célébrités, grands esprits politiques littéraires ou scientifiques…) pourront vivre jusqu’au bout dans la continuité (Cumming et Growing, 1961) [60].

Les théories dynamiques et la déprise

Mieux adaptées à la réalité, elles se structurent entre engagement et désengagement, et se développent avec Gubrium (1973)[61], puis surtout Clark et Anderson (1967)[62] qui considèrent la vieillesse comme une étape de la vie. L’adaptation à la vieillesse est pour eux un processus dynamique. Une retraite réussie dépendra essentiellement de la façon dont la personne âgée est en mesure de réconcilier ses aspirations individuelles avec les limites imposées par l’âge.

Parmi les théories dynamiques, celle de Paul et Margaret Baltes, à la fin des années 90, nous parait la plus susceptible de s’appliquer à la sexualité chez le sujet âgé (Baltes, 1990)[63]. Ils définissent la vieillesse comme un équilibre dynamique permanent qui s’établit entre impossibilités devenues peu à peu définitives et possibilités nouvelles, entre désengagement et engagement, entre désinvestissement des anciennes activités devenues impossibles, et investissement dans de nouvelles activités.

La « déprise » ainsi définie devient pour eux une « optimisation sélective avec compensation ». Ils citent dans leur livre l’exemple d’une déprise réussie, celle du musicien Arthur Rubinstein. Celui-ci expliquait comment il parvenait à donner encore des concerts malgré son grand âge : «Je joue moins de morceaux (sélection), que je répète plus souvent (optimisation), et en y introduisant des ritardandos avant les séquences rapides (compensation)

Le choix de sa vieillesse ?

Nous vivons notre sexualité comme nous vivons notre vie. Les théories psychologiques et sociologiques du vieillissement nous permettent une meilleure compréhension de nos possibilités individuelles et collectives, mais peuvent aussi nous montrer le chemin d’une sexualité épanouie. Nous n’avons pas le choix face au vieillissement physiologique, mais il nous reste celui de notre vie face aux limitations imposées par l’âge. Notre choix de vieillesse sera notre dernier choix de vie.

Vieillesse « décompensée »

La vieillesse décompensée se situe dans l’abandon et le retrait de toutes choses, y compris de la sexualité. C’est le cas des individus ne possédant pas le potentiel nécessaire pour accepter et vivre autrement, chez lesquels la pression exercée par la maladie, les difficultés de vie, une trop grande fermeture au changement les porte au renoncement, au retrait, au repli, à la dépression. Pour eux, la vieillesse se conjugue dans le déclin, le déficit, la perte. Il n’existe pas vraiment d’âge pour renoncer, cela peut se passer à 50 ans comme à 70. Un deuil ou un nouvel amour pourra faire toute la différence. Tout se joue à des moments clés pour l’individu, où la vie et le désir de vie s’imposent ou s’évanouissent. La sexualité disparaît avec l’élan de vie dont elle est l’expression.

Vieillesse « surcompensée »

L’impossibilité de l’acceptation de la différence liée à l’âge, rend impossible le maintien de l’activité sexuelle antérieure, mais fait rechercher des compensations dans des valeurs matérielles. Une surconsommation, de rencontres, d’expériences sexuelles différentes, de recherche de performances… s’impose à l’individu en souffrance. On retrouve là les vieillards, décrits par Freud et Ferenczi, dont la sexualité « prend souvent la forme franche de l’érotisme anal et urétral, de l’homosexualité, du voyeurisme, de l’exhibitionnisme et de l’onanisme ».(réf).

Vieillesse « optimisée » : Les 5 clés d’une sexualité optimisée

Entre abandon et continuité aveugle, Notre sexualité peut se concevoir comme une « optimisation sélective avec compensation ». Il est possible d’accepter les modifications imposées par le vieillissement, sans pour autant renoncer à sa sexualité. Une sexualité devenue différente, moins physique et davantage relationnelle, moins sexuelle mais davantage sensuelle (Colson, 2001) [64]. La sexualité du sujet âgé se construit, comme sa vie, autour d’une dynamique entre ruptures et investissement nouveaux.

La vieillesse rétrécit le champ d’action de chacun, sans jamais l’interdire véritablement. Chaque individu doit prendre la mesure de ce qui ne sera plus possible, tout autant que de ce qui lui est désormais enfin rendu possible.

1. Le temps davantage que l’espace

Si la dimension spatiale de la sexualité a tendance à se rétrécir (moins de mobilité), la dimension temporelle reste, elle, parfaitement accessible et pourra être privilégiée avec bonheur. Prendre son temps, en laisser à l’autre, permet d’explorer de nouvelles sensations, de nouvelles émotions. Le temps des femmes, plus long, n’est pas celui des hommes, toujours plus rapides dans leurs réactions sexuelles et leur plaisir. Avec l’âge, les rythmes du corps peuvent enfin de retrouver.

2. Le temps des caresses et de la sensualité

L’allongement du temps de déclenchement de la réaction sexuelle dans les deux sexes (plus de temps pour avoir une érection ou une lubrification) et de celui de la période réfractaire chez l’homme, renforcent cette donnée. En prenant le temps des caresses, les hommes âgés pourront compenser le décalage fréquent entre leur excitation mentale et le déclenchement plus tardif de leur érection. Les femmes, de leur côté, pourront prendre le temps de la lubrification, et s’apercevront qu’elle est le plus souvent possible, même sans traitement hormonal de leur ménopause, mais plus lente à s’initier.

3. Moins quantitatif et plus qualitatif

La sexualité n’est pas seulement pulsion, elle est aussi expérience émotionnelle (Zajonc, 1984)[65] Decker, 1989 [66]). Il est possible d’apprendre à fonctionner non plus seulement dans le besoin, mais plutôt dans le désir de l’autre. Avec l’âge, la sexualité devient moins physique, mais acquiert aussi davantage de résonnance émotionnelle. Les hommes en particulier doivent apprendre à étalonner leur sexualité non plus sur des repères « métriques » (plus dur, plus fort, plus souvent, plus rapide…) mais sur des repères devenus relationnels et émotionnels (plus avec toi, plus proche, plus longtemps, davantage dans la fusion …).

4. Moins génital, mais plus érotique

L’érotisme, qui laisse deviner, qui suggère sans jamais montrer crument, qui privilégie l’imaginaire et le symbolique, et qui, comme nous le dit si bien André Pieyre de Mandiargues « illumine le corps de l’homme », est bienvenu pour jouer sans se dévoiler véritablement.

5. Femmes plus actives, hommes plus réceptifs

Chacun, homme et femme, doit apprendre de l’autre sexe ce qui lui a bien souvent échappé jusque là¨.

Les hommes doivent apprendre à être plus réceptifs, à savoir se laisser aller aux caresses qui déclenchent et maintiennent l’érection. Ils doivent apprendre à laisser leur partenaire prendre le relai en cas de défaillance. Ils doivent apprendre à faire confiance à l’autre et à laisser venir leurs sensations, plutôt que de chercher à les forcer dans l’action.

Les femmes, de leur côté, ont à apprendre à devenir partenaires à part entière. Elles ne doivent plus mesurer le désir de leur compagnon à la rigidité de son érection, mais à savoir, au contraire, la susciter par des caresses appropriées. Elles ont à aller activement vers leur plaisir, sans attendre passivement qu’il leur soit donné.

Conclusion : pour une sexualité jusqu’au bout de ses jours

L’expérience clinique et les grandes études épidémiologiques récentes de ces dernières années nous apprennent qu’il est possible d’accepter les modifications imposées par le vieillissement et de s’y plier, sans pour autant renoncer à sa sexualité. Le vieillissement physiologique affecte davantage la fonction de reproduction que l'exercice de la sexualité et le plaisir. Avec l’âge, la sexualité devient moins physique, mais acquiert aussi davantage de résonance émotionnelle. La personne âgée doit apprendre à fonctionner non plus seulement dans le besoin sexuel, mais plutôt dans le désir, le sien et celui de l’autre. Une sexualité devenue différente, moins physique et davantage relationnelle, moins sexuelle mais plus sensuelle. Une sexualité qui prend enfin le temps des caresses et des émotions de chacun. A chacun de nous de découvrir le nouvel espace érotique que rendent toujours possible l’avancée en âge et l’amour qui perdure jusqu’au dernier jour.

Les hommes et les femmes d’aujourd’hui ont un nouvel espace qui s’ouvre à eux. Issus du Baby-Boom des années cinquante, ils ont été adolescents en pleine mouvance hippie, ils ont grandi avec la pilule du Docteur Pincus et l’amour libre, et ont tracé pour leurs descendants le chemin d’une nouvelle forme de sexualité, libre de reproduction, et où sexualité pouvait rimer avec liberté.

Il leur reste encore une étape à franchir, et un nouveau modèle encore à définir, au-delà des tabous et des idées reçues. Il leur reste à être les premiers à inventer un nouvel âge de la vie, celui de la sexualité après l’âge.

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