Santé Sexuelle au Féminin

Impact psychologique, relationnel et sexuel des mycoses vulvaires récidivantes

Marie Hélène Colson

Une affection méconnue

Il est parfois difficile de bien se représenter le poids à la fois psychologique, relationnel ou même social des problèmes de mycoses récidivantes. Pour exemple, 45% de celles qui en souffrent, disent que cela a eu comme conséquence pour elles de s’être senties moins productives au travail[1].

D’une façon plus générale, souffrir de mycoses récidivantes expose à un inconfort vulvaire permanent, et à des répercussions importantes sur son bon fonctionnement, physique, mental et relationnel[2].

Honte, détresse, culpabilité

Les mycoses vulvaires récidivantes sont à l’origine d’un sentiment de détresse important[3]. La honte par exemple est omniprésente[4], liée à la localisation bien particulière de la gène et de la douleur, touchant à ce que la femme porte en soi de plus intime et de plus identitaire, et au fait qu’il est bien difficile d’en parler.

Pour certaines femmes, il s’y associe un sentiment de culpabilité, et l’impression qu’il s’agit là d’une punition[5].Très souvent aussi, prédomine l’idée de se sentir emprisonnée dans son propre corps[6].

Les perturbations émotionnelles les plus fréquentes sont la peur, la tristesse, la colère, le sentiment de culpabilité, l’anxiété, le sentiment de perte de contrôle sur sa vie (4-5-6)-[7]. Les symptômes dépressifs[8] [9], voire les idées de suicide ne sont pas rares[10].

L’impression de ne pas être une femme à part entière est aussi fréquemment citée, d’être handicapée, déficiente, défectueuse, voire inutile[11].

Une sexualité devenue contraignante

La vie sexuelle, bien évidemment, est elle aussi affectée en profondeur, générant des comportements d’évitement des relations sexuelles[12], souvent aussi de fuite de tout contact tendre afin d’éviter que le partenaire y voit une invitation sexuelle. A terme, la peur de la douleur est responsable de troubles du désir, d’anhédonie[13] (impossibilité de plaisir).

Les douleurs vulvaires chroniques provoquent des troubles de l’excitation, de la lubrification, et à terme un désir diminué, qui tend peu à peu à disparaître[14].

La vie de couple est bien entendu lourdement grevée par la douleur vulvaire permanente, affectant en profondeur à la fois la vie sexuelle de la patiente, mais aussi celle de son partenaire (14)

Remédier aux mycoses vulvaires récidivantes

Il est impératif de prendre en charge rapidement les mycoses vulvaires récidivantes. Des traitements efficaces existent et doivent être utilisés très précocement. Pour cela, les femmes qui en sont atteintes, ne doivent pas hésiter à en parler, à consulter, à se faire aider. Nous devons tous ensemble briser le silence autour de ces difficultés très fréquentes, afin de permettre aux femmes qui en sont affectées de pouvoir enfin guérir.


[1] Mathias SD, Kuppermann M, Liberman RF, Lipschutz RC, Steege JF. Chronic pelvic pain: Prevalence, health-related quality of life, and economic correlates. Obstet Gynecol 1996;87:321-7.

[2] Chapman CR, Gavrin J. Suffering: The contributions of persistent pain. Lancet 1999;353:2233-7.

[3] Nunns D, Mandal D. Psychological and psychosexual aspects of vulvar vestibulitis. Genitourin Med 1997;73:541-4.

[4] Gibbons TS. Women and chronic pelvic pain: Stigma, invisibility, and sexuality. Journal of the Section on Women’s Health 2000;24:7-12.

[5] White G, Jantos M. Sexual behavior changes with vulvar vestibulitis syndrome. J Reprod Med 1998;43:783-9.

[6] Katz SR. The experience of chronic vulvar pain: Psychosocial dimensions and the sense of self. California: The Fielding Institute, 1995:130-85.

[7] Katz SR. The experience of chronic vulvar pain: Psychosocial dimensions and the sense of self. California: The Fielding Institute, 1995:130-85.

[8] Aikens JE, Reed BD, Gorenflo DW, Haefner HK. Depressive symptoms among women with vulvar dysesthesia. Am J Obstet Gynecol 2003;189:462-6.

[9] Masheb RM, Wang E, Lozano C, Kerns RD. Prevalence and correlates of depression in treatment-seeking women with vulvodynia. J Obstet Gynaecol 2005;25:786-91.

[10] Sackett S, Gates E, Heckman-Stone C, Kobus AM, Galask R. Psychosexual aspects of vulvar vestibulitis. J Reprod Med 2001;46:593-8.

[11] Wallace R. Those Flaming Lips: Exploring the Sexual Subjectivity of a Woman Experiencing Chronic Vulvar Pain. Ottawa: Carleton University, 2007:41-132.

[12] White G, Jantos M. Sexual behavior changes with vulvar vestibulitis syndrome. J Reprod Med 1998;43:783-9.

[13] Brotto, L. A., Basson, R., & Gehring, D. (2003). Psychological profiles among women with vulvar vestibulitis syndrome: A chart review. Journal of Psychosomatic Obstetrics and Gynaecology, 24, 195-203.

[14] Nobre PJ., Pinto-Gouveia J. Emotions During Sexual Activity: Differences Between Sexually

Functional and Dysfunctional Men andWomen. Arch Sex Behav (2006) 35:491–499

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