Santé Sexuelle au Féminin

La taille du pénis et le plaisir de la femme

A l’aube des temps, le mystère de la fécondation occupait la première place dans l’imaginaire des premiers hommes et femmes, qui en ont méconnu le principe de manière durable. Le sexe de la femme en a été longtemps le seul acteur connu, et les premières représentations graphiques sont toutes dédiées à la féminité, à la reproduction, à la Déesse Mère. Mais avec la prise de conscience par l’homme de sa participation dans la fécondation, c’est le phallus qui peu à peu deviendra prééminent. Les égyptiens les premiers, attribuent à Osiris un énorme phallus, attribut essentiel de sa naissance de demi-dieu et de sa puissance divine et terrestre. C’est d’ailleurs par son phallus qu’Isis son épouse fidèle et sa soeur lui redonnera vie après son assassinat et son démembrement par son frère jaloux Seth. Inlassablement, elle recueillera les morceaux dispersés de son corps, et c’est par son phallus, dernier, mais essentiel, morceau retrouvé, qu’elle lui insufflera la vie par ce qui est entré dans la postérité comme une « fellation sacrée ». Elle donnera ainsi une deuxième naissance à son époux et frère, juste après avoir enfanté leur fils Horus.

Très loin de la symbolique égyptienne et de ses mystères, les romain consacrent le phallus sous toutes ses formes, et le représentent, énorme et toujours dressé, à l’image de leur dieu Priape, sur tous les supports possibles, de la statuaire aux poteries, en passant par les bijoux et les tissus. Entre temps, pour les grecs, plus pratiques, le phallus n’avait pas à être démesuré, mais plutôt fonctionnel, et donc pas trop grand afin de pouvoir être pénétrant de toutes les façons possibles. L’art grec regorge de représentations d’hommes introduisant leur sexe, plutôt de petite taille, dans tout ce qui se présentait à leur portée, femmes, esclaves, animaux. Ailleurs qu’en Occident, les autres civilisations n’ont pas échappé au culte du phallus. On le retrouve quasi universellement, au Pérou, à Madagascar, en Inde, en Asie … . Le phallus, objet de l’attention de tous n’est cependant pas systématiquement magnifié quand il est de grande taille. Si la pratique des étuis péniens qui l’allonge est fréquente en Amérique latine et en Afrique, certains peuples privilégient les petits pénis comme les Desana-Tukano de Colombie, où seuls les hommes dont le sexe a "la taille d'un colibri" peuvent accéder à un statut socialement valorisant et prétendre à devenir des chefs.

La taille du pénis en Occident reste de nos jours un sujet de préoccupation important, mais à une autre place, au sein de la sexualité des hommes et des femmes modernes. Le phallus géant de l’antiquité, fantasme de toute puissance, de la domination masculine, du pouvoir fécondant, a laissé la place à l’angoisse de performance masculine, centrée sur un phallus dont la taille peut apparaître indéfiniment insuffisante en regard des exigences supposées des femmes d’aujourd’hui.

Cette inquiétude est quasi systématique chez les adolescents confrontés au rite initiatique de la première relation sexuelle, et qui ont toujours tendance à souhaiter un pénis démesurément plus grand ou plus gros, pourvu du métrage indispensable permettant de combler enfin la distance apparemment infinie qui les sépare encore du mystère féminin et de la première pénétration à venir.

Généralement une fois installés dans leur sexualité à deux, les jeunes gens ont tendance à oublier leurs peurs et à profiter du plaisir nouveau de la relation sexuelle, sans plus trop se préoccuper de la taille de leur sexe. Il arrive cependant, que certains hommes soient pénétrés de l’idée qu’ils sont porteurs d’un sexe trop petit, et ce quelque soit la taille effective de leur sexe. Il n’est pas rare que cette idée devienne envahissante et les obsède au point de bloquer leur comportement sexuel. Il s’ensuit un isolement progressif de l’entourage, et une fuite de toute relation féminine, avec souvent des idées délirantes sur celles ci, le sexe jugé trop petit devenant responsable de ses divers échecs, en particulier face aux femmes, mais plus largement aussi dans leur vie. Un seul couple les intéresse et les obsède, celui qu’ils forment avec leur sexe, à l’exclusion de tout autre. Cette pathologie est appelée « dysmorphophobie » et s’appuie sur un trouble grave de l’image de soi, que Jean-Bernard Garré nomme une « hypocondrie de l’apparence », et qui n’est pas limitée à ceux qui se croient porteurs d’un petit sexe. On le retrouve aussi chez les anorexiques qui se fantasment toujours obèses alors que leur maigreur est telle qu’elle peut s’avérer fatale. La dysporphophobie de petit pénis, plus communément appelée « maladie des vestiaires » , car répandue chez les hommes qui observent les autres à leur insu, est assez fréquente et peut conduire à des demandes de chirurgie d’allongement du pénis, souvent injustifiées et qui ne règleront pas le problème psychiatrique.

Du côté féminin, il apparaît à l’usage que la taille du pénis ne semble pas jouer un rôle majeur dans le plaisir et l’orgasme. En réalité, la paroi interne du vagin possède peu de récepteurs au toucher et à la pression, sauf au niveau du point G, situé dans son tiers externe, assez prés de l’ouverture du vagin. Il suffit donc idéalement de quelques centimètres de pénis seulement pour provoquer du plaisir chez la femme, et l’orgasme arrivera la plupart du temps par des mouvements de va et vient peu profonds. La cavité vaginale est d’autre part une cavité virtuelle, souple et distensible dont la taille varie en fonction de son remplissage. Il s’ajuste toujours autour de son contenu, que ce soit le doigt, le pénis ou une tête d’enfant. Le rythme des mouvements de pénétration, leur durée, la qualité émotionnelle de la relation et l’intensité de l’abandon semblent plus à même de déclencher un orgasme féminin que la taille du pénis en elle même. Il est aussi fort possible à une femme qui aime la pénétration de contracter ses muscles vaginaux, ou de prendre spontanément des positions qui vont accroitre son plaisir en fonction de la taille du sexe de son partenaire, ou lorsque, trop inondée de plaisir, elle ne ressent plus assez son pénis. Il arrive même fréquemment qu’un sexe masculin de trop grande taille devienne un écueil à une relation sexuelle aboutie et déclenche appréhension de la douleur et un réflexe de peur chez la femme. Un pénis trop grand peut gêner les jeux sexuels et être un obstacle au plaisir d’une pénétration anale ou d’une fellation, par exemple.

En fait les femmes semblent nettement moins intéressées par la taille du pénis que les hommes. Ce qui retient leur attention chez un homme est plus souvent la taille, la carrure, les épaules, les fesses, le visage, … qu’elles ont généralement spontanément beaucoup de plaisir à caresser. Habituellement, elles ont peu tendance à mécaniser la relation sexuelle, et font l’amour avec un homme tout entier, et non pas uniquement avec le sexe qui le prolonge. Ce n’est que dans certaines périodes de leur vie où elles souhaitent ne pas s’attacher, ne pas s’abandonner, voire prendre une revanche sur la vie ou sur les hommes, qu’elles peuvent se jeter dans un besoin de consommation sexuelle, et souhaiter privilégier le côté gymnique de la sexualité où chaque détail peut alors prendre de l’importance et s’hypertrophier. Mais aucun pénis de grande taille ne viendra jamais donner du sens à une sexualité qui se veut dégagée de tout sentiment amoureux, de tout côté trop émotionnel ou trop impliquant.

Il existe aussi, chez certaines femmes stressées et qui ont du mal à « lâcher » leur corps, et à l’abandonner dans la relation sexuelle, une tendance à « instrumentaliser » le sexe de leur partenaire à la recherche d’un plaisir qui semble les fuir indéfiniment. Leur besoin de sensations toujours plus fortes, va se manifester par des reproches dès que leur partenaire s’arrête pour gérer son éjaculation, ou concernant la taille de sa verge qui ne leur semble jamais vraiment satisfaisante. Mais ce n’est pas en faisant toujours plus de « remplissage », ou en attendant de manière anxieuse que le partenaire donne toujours plus, qu’elles aboutiront à l’orgasme tant désiré. Aucune pénétration interminable ni aucun pénis démesuré ne pourra compenser le vide qui est en elles et qui marque leur manque de réceptivité ou leur peur de l’abandon.

Et si certaines femmes peuvent être fascinées par des fantasmes de gros pénis, il n’en existe pas qui ait envie de choisir son mari ou le père de ses enfant sur la taille de son sexe, de la même manière qu’il est bien rare qu’un homme choisisse la femme de sa vie sur la taille de ses bonnets de soutien gorge ou celle de son clitoris

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