Santé Sexuelle au Féminin

Les femmes ménopausées sont-elles des femmes sèches ?

Sylvain Mimoun

Quel vilain titre, je m’en désolidarise, je n’aurai jamais eu l’outrecuidance de prendre la partie pour le tout. Certes par ordre de fréquence la sècheresse vaginale est le 2ème symptôme après les bouffées de chaleur chez la femme ménopausée sans traitement hormonal, mais l’on sait que dans le domaine sexuel autant qu’ailleurs, voire plus qu’ailleurs, la fonction crée l’organe. Les femmes qui continuent à avoir des rapports sexuels réguliers ont moins de sècheresse vaginale et même parfois moins d’atrophie vulvo-vaginale.

Du point de vue des aspects vulvo-vaginaux, la bonne santé sexuelle, c’est une bonne trophicité vulvo-vaginale et une bonne lubrification, en sachant que la femme n’a pas toujours une conscience exacte de son niveau de lubrification, les femmes vont plutôt se plaindre d’inconfort vulvo-vaginale chronique.

Pour qu’un rapport sexuel se passe bien il faut du côté de la femme une bonne écologie vaginale, c’est-à-dire des glandes endocervicales, des glandes vulvaires (Bartholin, Skene…), de la transsudation du plexus veineux antérieur

Toutes ces sécrétions sont, pour la plupart, très sensibles à l’imprégnation estrogénique.

Mais il faut aussi tenir compte de l’excitation sexuelle féminine qui comporte :

  •  Une composante subjective avec pensées érotiques, fantasmes, sensations de « chaud », fourmillements…
  •  Une composante physique dont la principale manifestation est la lubrification vaginale

La réponse physiologique et l'acte sexuel

La sécheresse vaginale peut altérer et perturber la chronologie et la qualité des différents stades de la réponse et de l'acte sexuel. Pendant la phase d'excitation, la lubrification vaginale est lente et peu abondante, insuffisante pour autoriser une pénétration aisée. La pénétration devient difficile et douloureuse, caractérisant la dyspareunie orificielle.

Rappelons que la lubrification résulte d'une transsudation à travers les parois de la muqueuse vaginale, à partir de la stimulation érotique physique ou psychique. Il s'agit en fait d'un processus vaso-congestif intéressant le plexus veineux, péri-vaginaux, péri-utérins. Le temps d'apparition de cette lubrification varie beaucoup selon l'âge et les situations : de 10 à 30 secondes chez l'adolescente, elle peut demander de 2 à 3 minutes chez la femme ménopausée. Ce retard à la lubrification s'aggrave en cas d'interruption notable de l'activité sexuelle.

Le phénomène de lubrification vaginale dépend de conditions physiologiques adéquates mais aussi et en même temps, d'un contexte psychologique favorable, c'est à dire un contexte qui permette une détente et un laisser-aller, tout en autorisant une stimulation érotique suffisante. Si ces conditions font défaut, la lubrification sera insuffisante ou absente et de ce fait la qualité de la réponse sexuelle sera altérée et peut engendrer inquiétude, frustration, sentiment d'échec, appréhension vis à vis des rapports ultérieurs, et des douleurs.

Enfin, n'oublions pas qu'un certain nombre de frustrations sexuelles féminines sont induites par un trouble sexuel masculin comme l'éjaculation prématurée ou les troubles de l'érection par exemple.

Attitudes Thérapeutiques

Le soignant devra d’abord : détecter le problème, oser poser la question, préciser la gêne (occasionnelle, systématique, intensité des douleurs) et expliquer le phénomène de la lubrification

Enfin il faudrait donner des repères aux femmes ménopausées: la ménopause n’est pas un couperet. Faire le parallèle avec une panne d’érection chez l’homme = ce n’est pas la fin de sa sexualité!

La majorité des femmes ménopausées conservent leur capacité de réponse génitale si la stimulation sexuelle est suffisante

Insistons sur le versant émotionnel: une faible lubrification n’est pas forcément une gêne si l’excitation est là

Le rôle du partenaire (désirant ou non, ou avec ses éventuelles propres difficultés…). Les préliminaires doivent être suffisamment longs et efficaces (20 minutes?), faire l’amour régulièrement entretient la cascade de réactions nécessaires à une bonne lubrification, le partenaire peut ne pas accepter les traitements locaux, comme la femme peut refuser une érection « chimique »

Les prescriptions peuvent être des aides pour sortir de l’impasse. Elles doivent toujours être accompagnées d’une explication physiologique et d’une prise en compte psychologique

Les estrogènes locaux (trophigil, trophycrème, colpotrophine, Gydrelle, ou par voie générale) ont une action lente, parfois mal tolérés, parfois contre indiqués.

Les traitements non hormonaux (vendus sans ordonnance) par voie locale geliophyl, cicatridine, replens, ou par voie orale: Menophytea hydratation intime, donalis

Les lubrifiants aqueux et hydratants Monasens, Mucogyn, Saugella gel,…

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